01 SEPTEMBRE 2005

CAMPAGNE DE SENSIBILISATION AUX OBJECTIFS DU
MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT  

DEJEUNER DE PRESSE
01 SEPTEMBRE 2005  

INTERVENTION DE MR. ARMAND DE DECKER,
MINISTRE BELGE DE LA
COOPERATION AU DEVELOPPEMENT  


Seule la version prononcée fait foi


Mesdames et Messieurs,

Chers Amis ;

Je vous remercie de votre présence ce midi et me réjouis de pouvoir faire le point avec vous sur l'état d'avancement de la question des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

De pers, ja u, bent immers volgens mij, elk afzonderlijk een uiterst belangrijke figuur in onze collectieve niet aflatende strijd tegen de armoede.

Binnen precies 13 dagen gaat in New York de Wereld Topconferentie van de Verenigde Naties van start waar de Millenniumverklaring, aangenomen in september 2005, zal worden geëvalueerd en waaraan meer dan 150 staats- en regeringsleiders zullen deelnemen.

De Eerste Minister, de Minister van Buitenlandse Zaken en ikzelf, zullen hier actief aan deelnemen.

Het zal uiteraard de gelegenheid bij uitstek zijn om een stappenoverzicht te maken van de Millenniumverklaring, maar ook om te bepalen welke de beste collectieve en concrete antwoorden zijn op de huidige bedreigingen die uiterst verschillend zijn, maar onderling zeer sterk samenhangen. Het betreft hier de extreme armoede, de burgerlijke conflicten en oorlogen, de proliferatie van de massavernietingswapens, het terrorisme, de hoge internationale criminaliteit, de schendingen van de mensenrechten, de ernstige aantastingen van het milieu.

Il s'agira surtout de maintenir l'impulsion en faveur du développement qu'avait réussi à créer la Déclaration du Millénaire et de poursuivre, d'approfondir les efforts entrepris à l'égard de l'Afrique frappée à la fois par les conflits et l'extrême pauvreté.

A mes yeux, l'adoption des huit Objectifs de Développement du Millénaire est une des plus belles et des plus intelligentes décisions contemporaines.

Elle a, en effet, permis une véritable révolution qualitative de l'approche de la cohabitation humaine.

D'abord parce qu'elle a donné un cadre harmonisé à l'action universelle pour le développement.

Ensuite parce que - comme le disait récemment Stanislas Geremek, lors d'un colloque que j'organisais à Bruxelles - ces Objectifs ont créé « la culpabilité de l'indifférence » .

Tenslotte omdat ze voor iedereen verstaanbaar en meetbaar zijn, en inzet van iedereen vragen. Niet alleen van de rijke staten die zich hebben geëngageerd om de realisatie te financieren van deze doelstellingen, maar ook van de landen die onze hulp zullen krijgen en zich hebben geëngageerd om de gunstige omstandigheden voor de realisatie ervan te creëren.

Mijns inziens is het grootste obstakel voor de ontwikkeling onbetwistbaar het slechte bestuur en de corruptie, twee zaken die niet langer, zoals vandaag te vaak het geval is, uitvloeisels mogen blijven van de armoede.

Een goed financieel en economisch politiek bestuur omvat uiteraard het respecteren van de rechten van zowel mannen als vrouwen, alsook een transparant bestuur inherent aan de toepassing van de democratische waarden.

Mais celles-ci peuvent connaître des formes diverses. Je partage à ce sujet la vision du Malien Ousmane Sy, lauréat du Prix Roi Baudouin pour le développement et père de la décentralisation malienne, lorsqu'il insiste sur la nécessaire appropriation de leurs institutions par les populations africaines.

Il est remarquable que le passage du Millénaire ait amené les Chefs d Etat et de gouvernement des pays représentés aux Nations Unies à se fixer pour objectif commun de réduire, ensemble, de moitié la grande pauvreté et d'améliorer la qualité de vie dans les pays pauvres de la planète.

Les Objectifs de Développement du Millénaire ont fait changer la nature même de l'aide au développement.

En effet, leur caractère universel et transversal pousse - tant les responsables des pays riches que ceux des pays pauvres - à intégrer l'aide au développement - autrefois somme toute essentiellement caritative - au centre d'une véritable stratégie mondiale de la solidarité Nord-Sud, au coeur d'une démarche visant à renforcer la stabilité et la sécurité du monde.

Aujourd'hui, la coopération au développement est bel et bien devenue une nécessité politique impérative. Elle est, en fait, un élément essentiel d'une démarche stratégique qui consiste à intégrer l'aide au développement dans une politique globale de stabilisation et de sécurisation du monde.

Le rapport établi par les experts de haut niveau désignés par le Secrétaire Général de l'ONU, Monsieur Kofi Annan, a souligné, en effet et à juste titre, que la principale menace qui pèse actuellement sur le monde, n'est plus comme par le passé la guerre issue de conflits inter-étatiques, mais bien la pauvreté des pays du Sud et la grande difficulté des relations Nord-Sud qui en découlent.

Je suis aussi persuadé que la pression migratoire que connaît actuellement l'Europe n'est rien à côté de celle que nous connaîtrons dans quelques années si rien de fondamental ne change dans le Sud.

A l'échelle de la planète, les progrès sont pourtant indéniables.

Ainsi la tendance au déclin de l'extrême pauvreté se confirme. Le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a été réduit d'un quart de milliard entre 1990 et 2001. Sur la même période, pour l'ensemble des pays en développement, l'espérance de vie a progressé de 63 à 65 ans, pendant que le taux de mortalité infantile était réduit de 105 à 88 pour mille. L'éducation primaire, de son côté, a progressé de 80 à 83%. Enfin, le nombre de personnes ayant accès à l'eau potable est passé de 71 à 79%.

Cependant, et comme nous le savons tous, le rythme des évolutions est - désespérément - trop lent pour permettre la réalisation de la plupart des Objectifs du Millénaire en 2015.

Dans le cadre des tendances actuelles, leur réalisation est inaccessible. Seul l'objectif de réduire de moitié l'extrême pauvreté devrait pouvoir être atteint.

En outre, l'évolution globale du monde en développement continue de présenter de fortes disparités régionales entre une Asie qui a réussi en grande partie son décollage économique et l'Afrique subsaharienne qui, à quelques exceptions près, continue à se chercher. Soyons francs, pour la plupart de ces pays, les Objectifs du Millénaire demeurent, malheureusement, hors de portée. Et l'on constate, par ailleurs, comme encore relevé par un récent rapport des Nations Unies que dans de nombreux cas les inégalités non seulement persistent mais ont tendance à s'accentuer.

Malgré tout, les progrès - réels - enregistrés démontrent l'utilité de l'aide au développement. Mais il est indéniable que leur lenteur et leur caractère inégal rendent nécessaire le renforcement de toute urgence de cette aide, son recentrage sur les régions qui en ont le plus besoin et, enfin, l'amélioration de son efficacité.

Un sursaut de l'ensemble de la communauté internationale s'impose donc afin de donner un nouvel élan à la lutte contre la pauvreté ; je souhaite ardemment que cette partie du Sommet rencontrera bien tous les espoirs que nous y plaçons.

S'agissant de la préparation du Sommet de la mi-septembre et, en particulier de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, notre pays a multiplier ces derniers mois les efforts, les activités et les initiatives.

Que l'on songe, entre autres choses et par exemple :

•  aux nombreuses coordinations inter-ministérielles et inter- départementales, ainsi qu'aux consultations avec la société civile belge ;

•  à la mobilisation permanente de notre réseau diplomatique ;

•  aux nombreux séminaires et colloques organisés par l'Institut Royal des Relations Internationales (IRRI) ;

•  ou encore à la rédaction d'une note de politique - bientôt disponible sur internet, si pas déjà le cas - qui rappelle notamment les enjeux du sommet et les positions belges sur les différents thèmes ;

Mais aussi :

•  à la présentation au Sénat du rapport de la Belgique sur la mise en œuvre de l'Objectif 8 (Mise en place d'un partenariat mondial pour le développement) ;

•  à mes interventions ciblées et régulières devant le Parlement ;

•  à la grande campagne de sensibilisation aux Objectifs du Millénaire au Développement lancée officiellement le 18 mai dernier, en présence de la Princesse Mathilde qui comprend l'exposition du « Pont de solidarité » ; des spots télé et radio, l'achat d'espaces publicitaires dans les journaux et magazines et le jeu de société sur les ODM à fournir aux écoles ;

•  ainsi qu'à un séminaire européen consacré il y a peu à la sensibilisation et l'éducation au développement qui s'est tenu il y a peu au Palais d'Egmont.

Au niveau de l'Union européenne, de nombreux efforts ont également été mis en via les canaux classiques (CAGRE, etc.). Leader mondial en matière de développement, l'Union européenne s'est efforcée de contribuer à un résultat ambitieux du Sommet en prenant des décisions importantes en temps opportun pour influencer les autres acteurs (notamment dans le domaine du financement du développement) et par d'intenses démarches diplomatiques auprès de pays clés.

Parmi mes priorités fondamentales défendues dans le cadre de la préparation du Sommet dont question, je souhaiterais mettre en avant plus particulièrement les quelques éléments qui suivent :

•  priorité à l'Afrique et en particulier, de l'Afrique subsaharienne ;

•  responsabilisation première de chaque pays pour son propre développement durable ;

•  priorité à la bonne gouvernance et à la lutte contre la corruption, et consolidation de l'état de droit et de la démocratie ;

•  accroissement des ressources financières en vue d'atteindre l'objectif d'une aide publique au développement à 0,7% de la richesse nationale ; et dans ce cadre promotion des mécanismes innovants de financement, et en particulier, de la contribution internationale volontaire sur les tickets d'avion proposée en son temps par Didier REYNDERS ; 

•  annulation de la dette des pays les plus endettés ;

•  renforcement de la qualité de l'aide attribuée et de son évaluation systématique ainsi qu'harmonisation des bailleurs, surtout au niveau européen ; e donc mise en œuvre des trois « C » : coordination ; complémentarité opérationnelle et cohérence ;

•  implication renforcée des acteurs non gouvernementaux ;

•  favoriser l'intégration régionale ainsi que le développement du secteur privé ;

•  renforcement de la gouvernance internationale en matière de développement et en particulier du rôle du Conseil économique et social (ECOSOC) à propos duquel j'ai proposé récemment à New York la création en son sein d'un organe permanent de suivi de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement qui fasse rapport régulièrement à la communauté internationale ; mais aussi mise en œuvre d'une Commission pour la consolidation de la paix ainsi qu'adoption du principe de « Responsabilité de protéger » ( La Belgique a une conception intégrée de la responsabilité de protéger : les gouvernements ont la responsabilité première de protéger leur propre population; cette responsabilité est le pendant de la souveraineté. S'ils ne sont pas en mesure d'assurer cette protection, ils peuvent solliciter l'assistance de la communauté internationale. S'ils refusent de protéger leur population, le Conseil de sécurité peut décider, en dernier recours, d'autoriser l'usage de la force.)

Vous vous rappellerez, par ailleurs, que le gouvernement belge s'est engagé à Monterrey en 2002 à atteindre les 0,7% du Revenu national brut dès 2010 ; insistant au passage sur le fait que cette année notre pays devrait atteindre les 0,46% du Revenu national brut, ce qui nous placerait environ au 6 ième rang par tête d'habitant et au 11 ième rang en chiffre absolu.

Pas plus tard que ce mardi, j'ai eu, en outre, l'opportunité de plaider à Paris dans le cadre de la Conférence annuelle des Ambassadeurs de France pour une intégration encore plus poussée des politiques de coopération au niveau européen, appelant à un redoublement des efforts pour l'Afrique et le Moyen-Orient.

D'aucuns espèrent, bien sûr, que les résultats du Sommet seront à la hauteur des espoirs qui y sont placés.

A ce stade - sur base de la troisième version du Projet de Déclaration finale dont nous disposons et qui, sans doute, ne devrait pas être trop éloignée de sa forme définitive, et pour ce qui est des aspects liés strictement au développement - nous sommes assez satisfaits de ce qui pourrait être proposé. Ce projet me paraît en l'état actuel relativement cohérent et équilibré et préserve un certains nombres d'acquis incontournables en ce qui nous concerne notamment en matière de volume de l'aide publique au développement, d'efficacité de l'aide, de bonne gouvernance, de dette, de réformes des Nations Unies, etc.

Avec ses collègues de l'Union européenne, la Belgique mettra tout en œuvre, jusqu'à l'ultime moment des négociations, de manière à résister fermement au lobbying américain en cours - et qui vise, notamment, par la multitude des amendements introduits (plus de 700 à ce jour) à affaiblir la Déclaration finale du Sommet dans des domaines cruciaux pour nous tels que, par exemple : d'éventuelles nouvelles promesses sur l'aide au développement aux nations les plus pauvres ou les exigences liées à la lutte contre le changement climatique.

Je vous remercie pour votre attention.


 


 
  Page d'accueil